lundi 22 avril 2013

Lundi 22

Habituellement le lundi, je bosse. 
Mais ce lundi est exceptionnellement chômé, je file donc à la pêche ! 

Rodolphe est disponible, on se rend à l’Etang voisin avec nos deux ainés…
Ayant peiné à sortir de la couette ce matin, j’arrive tardivement (10h00) sur les lieux.

Ma nouvelle bouillette ayant été efficace hier, je me dis qu’ici, elle peut aussi faire son effet. 

Je tends donc une canne avec une Mandarine / Poisson et l’autre avec de la RS1.

Cela fait moins d’une heure que les cannes sont installées lorsque je me dis que j’ai dû oublier – une fois n’est pas coutume - d’activer les détecteurs…  
Je me rends donc vers ceux-ci et constate qu’effectivement ils étaient éteints ! 
Je les allume et me relève en constatant que celui de droite bip… Pensant dans un premier temps que ceci est dû au mouvement du swinger suite à mon intervention je n’y prête qu’à moitié attention jusqu’à ce que je constate que le fil se détend et que le swinger descend… descend…   

Pas possible ! C’est une touche !! 

Je saisi la canne et effectue un ferrage particulièrement pitoyable ( !!) mais c’est dans le bout !  Je sens des coups de têtes très vifs et en conclus immédiatement qu’il s’agit d’une petite carpe, voire d’une brème ou d’un gros gardon !
Je mouline dans le vide car le poisson revient très vite près du bord et ne parviens pas à reprendre contact. Lorsque j’arrive enfin à sentir un début de défense, j’ai toujours le sentiment que ce n’est pas bien gros.
Le poisson longe désormais les bords mais ne monte pas…
Tiens, ce n’est peut-être pas aussi petit que ce que j’imaginais.
Plus le temps s’écoule, plus le poids du poisson semble augmenter !!
Je tente désormais de le faire parvenir à la surface mais n’y parviens pas ; on commence à penser du coup à un Amour Blanc…
Seules les bulles montent du fond vers la surface.
Les rushs se font plus puissants et je suis même amené à jouer avec le frein du moulinet car les départs vers le large sont difficiles à contenir.
Un premier remous ne nous permet pas de voir de quoi il s’agit jusqu’à ce que nous apercevions une belle grosse caudale bien rouge !
C’est bien une carpe et elle n’est pas si vilaine que ça.
Je la garde près du bord mais peine à la retenir quand elle passe le turbo et décide de longer la berge.
Au bout de longues minutes elle finit par se fatiguer et nous montre un peu plus son anatomie : j’estime le poisson à 12/13 kg mais Rodolphe semble convaincu qu’elle fait plus.
Il finit par la déposer dans l’épuisette et la monte sur le tapis.
Et là, en effet, elle plutôt balaise ! Quel dos !!
Elle est même superbe !! Les chiffres commencent à s’emballer dans ma tête et je cours cherchons le peson !

Son verdict est imparable : 17,8 kg !



A la vache !! Quand même !!! Quel fish !!



L’émotion monte d’un cran (voire de deux) et je la prends en photo sous toutes les coutures !
C’est pour l’instant ma plus belle prise de l’année…
Elle a elle aussi craqué sur ce parfum improbable qu’est la Mandarine / Poisson !!
Je la remets précautionneusement à l’eau et elle en profite pour me remercier à sa façon en donnant un grand coup de caudale qui aura pour conséquence de me tremper de la tête aux pieds !!

Bon, ben ça commence fort.

Je relance donc ma ligne avec le même appât et je me rassois confiant.
L’après-midi s’écoule sans évènements majeurs si ce n’est junior qui revient du bord de l’Ouche crépit de terre de la tête aux pieds et jusque dans les cheveux !! …
Bien sûr, il ne sait pas comment cette terre se trouve là ! 
O_o
Admettons.

La fin d’après-midi approche et Rodolphe a enfin sa touche !
Sa canne est loin et ce sont les pêcheurs d’en face qui vont lui faire savoir qu’il déroule !! Il arrivera trop tard sur les lieux et la carpe en aura profité pour aller se réfugier dans l’immense tronc d’arbre qui gît au fond de l’eau…
De mon côté, je n’ai rien eu depuis ce matin et décide alors de lancer une de mes lignes près de la bordure d’en face, les pêcheurs ayant désertés cette zone..
Une heure plus tard, le swinger descend… le détecteur bip et le fil s’aplatit à la surface…
Encore une touche en retour !!
Je procède là encore à un ferrage bien foireux mais c’est dans le bout.
J’ai le sentiment de ramener un morceau de bois tellement il n’y a aucune défense… jusqu’à deux mètres du bord où là ; ça décide d’envoyer !!
Ce ne peut être qu’un Amour Blanc.
Et effectivement nous verrons assez rapidement la forme allongée et le teint pâlot de ce poisson bien étrange…
Je ferai l’erreur de sous-estimer sa défense et celui finira par se décrocher à mes pieds !
Quel abruti je suis…
C’était le premier de l’année et je le snobe pour je ne sais quelle raison.
Ça m’apprendra et je tenterai de faire mieux la prochaine fois.
Toujours est-il c’est que celui-ci a craqué lui aussi sur la bouillette de la semaine…

Le soleil se couche désormais et l’humidité commence à recouvrir la végétation et nos affaires, nous décidons dès lors de remballer.

Suite au prochain épisode...

dimanche 21 avril 2013

Dimanche 21

En ce dimanche, le vent de malade de la veille semble s’être essoufflé…
J’émerge donc péniblement des limbes et demande au gars Manu s’il est bien parti se poser à Rémilly.
Sans réponse de sa part, je me prépare tranquillement et file à Rémilly… où je retrouve Manu et son pote (Yann), les deux étant installés depuis les 6h30 mais oubliant de consulter le portable… malgré l’absence de touches !

Il est donc autour de 10h00 et je tends mes lignes.

Ayant profité des promos sur les bouillettes ce matin, j’expérimente un nouveau parfum : mandarine-poisson  (faut oser !).

Une fois installé, je rejoins les deux compères et assiste à la première touche de la journée : Yann déroule (timidement) et ferre un poisson qui livre un combat assez étrange….
Une fois arrivé au bord, nous comprendrons mieux pourquoi : la carpe trainait tout simplement un montage qui s’était entortillé dans une branche, branche qui s’était elle-même entortillée autour de la bouillette de Yann… Malgré de multiples précautions, le poisson se décrochera et repartira … avec son montage… 

Il est près de 11h30 lorsque j’entends mes détecteurs s’emballer : je sprint vers mes cannes et constate, un rien amusé, que ma nouvelle bouillette a fait mouche !
Le combat est long (une bonne 20 aine de minutes) et le manque d’habitude en cette nouvelle saison me ruine le dos…
Les rushs sont toujours aussi puissants dans ces eaux lorsque les poissons arrivent au bord et il faut vraiment être patient avant d’espérer voir les premiers remous.
Ce premier poisson est visiblement de belle taille et le peson ne fera que confirmer cette impression : une miroir de 12,6 kg.


Pas mal.

La suite sera calme, très calme (abstraction faite du bassin voisin occupé par une horde de sauvage venus tester leurs cordes vocales et la résistance de leur foie autour de ce prétexte toujours aussi pathétique : journée pêche à la truite…).
Bref.

La fin d’après-midi est bien entamée lorsque Manu déroule enfin !

Trois promeneurs passant par-là décident de s’arrêter à la vue de la canne de Manu…
Visiblement, il tient un beau morceau.
Malgré un montage robuste, il ne parvient pas à faire monter ce poisson qui embraye à chaque fois qu’il se rapproche du bord : les symptômes de l’Amour Blanc semblent réunis…
Là encore, il faudra patienter une bonne vingtaine de minutes avant d’apercevoir la bête : « C’est la griiiiiiiiiiise ! » s’exclame not’ Manu tout excité !
La grise ? Mais quelle grise ??? «La grosse » nous répond Manu.
Certes, nous voilà bien avancé... :))
Je me rapproche alors avec l’appareil photo et le portable du Manu l’histoire de le filmer.
Effectivement, elle est plutôt balaise !
A ce moment j’entends deux commentaires de la part de nos visiteurs :
- « Elle doit faire 4/5 kilos » - euuuuuuh, vous parler des nageoires ou de l’ensemble ??
-    -  « Je pensais que ça se défendait plus que ça comme poisson »  - décidément les interventions du public sont d’un haut niveau …. plus de 20 minutes de combat ça me semble être pourtant déjà pas mal quand même….

Mettons tout ça sur le compte de l’ignorance et ne relevons pas ! :)))

Manu finit par mettre cette superbe carpe dans l’épuisette et nous la mettons au sec.



A la vue de la largeur de son dos je table de suite pour une 17/18 kg….

Mais le peson du Manu est chiche, il n’affiche « que » 15 kg !

Un peu déçu du poids, cela ne nous empêche pas d’admirer cette miroir aux couleurs franchement surprenantes :


Manu est jovial dans la mesure il vient de faire la plus grosse de la journée et ce qui est pour le moment, la plus grosse de l’année !

Il se retend au même endroit et c’est reparti.
19h30, j’entends deux bip sur mon détecteur puis plus rien.
Zut, elle a relâché.
Manu me suggère tout de même d’aller voir au cas où.
Je l’écoute et me rapproche de mes cannes : le swinger est bloqué contre le détecteur et le moulinet déroule !!!
Misère, je n’ai plus de pile !!!
Je saute sur la canne mais il est trop tard…. la carpe a filé dans les branches et je ramène… une branche !
Zut ! Zut ! et Zut ! Tout ça par manque de vigilance !
Vu l’heure je ne retends pas ma ligne et décide même de remballer.
La voiture est chargée et je retourne voir les gars pour les saluer.
Au moment où j’arrive, Yann a une touche !!
Il va ramener une petite miroir de +/- 5 kg pour conclure cette journée…



Finalement, avec 5 touches, ce dimanche n’est pas si mauvais !

mercredi 17 avril 2013

Mercredi 17



Cette journée était annoncée par Météo France comme la plus belle et la plus chaude de la semaine.

Et qui dit chaleur, dit pêche à la carpe…

Rodolphe ayant copieusement arrosé la zone la veille au soir, nous arrivons donc sur les berges du canal dès 6h00 ; et force est de constater qu’il fait déjà bon.

Il quadrille la zone de gauche et moi je m’occupe de celle de droite.

Je dépose une ligne à la Rosehip, une ligne à la Moule Crabe et une ligne à la Hot Spicy ; la quatrième me servant à pêcher la friture.

Nous sommes relativement tranquilles ce matin et les carpes n’ont pas l’air très pressées de venir sur notre coup.

Le soleil tape désormais assez  fort et nos peaux blêmes commencent à prendre des couleurs dont il va falloir se méfier … d’autant que la crème solaire est restée à la maison.

Il est près de 11h lorsque le premier bateau arrive… il faut donc relever les lignes et se retendre tout de suite derrière.
Celui-ci est à peine passé, les lignes à peine redéposées sur leurs coups respectifs que l’une des miennes biiiiiiiiip !! 

Yesssssssss ! C’est parti ! 

Je parcours les 70 m au sprint (enfin j’essaie…) et m’empare de ma canne !
Que c’est bon de sentir une carpe là dans le bout bon sang !

Elle a craqué sur une Rosehip boostée et vend désormais chèrement sa peau. Je ne pense pas qu’elle soit très grosse mais elle a du jus.
Après une dizaine de minutes elle décidé de se montrer : c’est une commune.
Comme toutes ses copines du coin, elle ressemble à un gros chevesne : longue, dorée et … vernie !
Elle se rendra rapidement et se laissera manipuler sans trop se rebeller.

Le peson affiche 5,6 kg.


Une rapide inspection de sa bouche nous convainc qu’elle n’a sûrement jamais été prise et nous prenons le temps d’admirer ce superbe poisson visiblement en pleine santé !

Petites photos et retour dans son élément…

Nous n’aurons aucune autre touche malgré des bouillons impressionnants sur nos coups respectifs…
Nous finirons cette journée totalement cramés par un soleil d'avril particulièrement mesquin qui aura réussi à nous rendre rouges comme des betteraves !...
Le soleil  embrase désormais le ciel et les étoiles s’installent les unes après les autres au-dessus de nos têtes…


Nous resterons jusqu’à 22h30 avant d’abdiquer….

Le bilan est donc bien faible en comparaison de la quantité de graines envoyées par le fond même si la bredouille est sauvée … mais nous avons bien l’intention de prendre notre revanche !

lundi 8 avril 2013

Lundi 8


Avec cette météo décidément bien capricieuse cette année, mes premières tentatives de sortie à la carpe se sont avérées infructueuses (l’eau est toujours bien trop froide !) …


Du coup, en ce lundi chômé, je me dis qu’un petit retour sur les lieux de ma pêche exceptionnelle de la dernière fois s'impose…

Je prends donc ma petite canne à Feeder qui va merveilleusement bien pour pêche la truite, mon gilet, mes vers et je pars à la roots (sans même prendre les cuissardes).

A peine ai-je commencé, qu’au second passage, en retrait du courant et tout près d’un banc de sable, ça tape (déjà !)… Je pense de suite à un chevesne mais les points noirs que je devine assez vite sous la surface ne laissent aucune place au doute : c’est une truite, et c’est une fario.

Je prendrai le temps de l’admirer avant de la mettre au sec et de lui consacrer un traditionnel portrait :



Joli spécimen s’il en est avec ses  39 cm (quand même !).


La suite du parcours devenant compliquée, je décide de faire demi-tour et d’aller voir plus loin.

Je prospecte donc une zone que je ne connais pas mais qui présente plutôt bien : alternance de trous assez profonds et de radiers qui mettent en confiance.

Mon ver n’a pas le temps de faire un mètre … qu’il s’accroche dans une racine !

Misère, je suis quitte pour un montage. Une fois celui-ci réalisé, je descends un peu plus bas pour ne pas refaire la même erreur. Je laisse descendre ma ligne dans le courant en mettant tout en œuvre pour que le ver racle le fond… et pour le coup, il rase bien puisqu’il se prend dans un caillou…
Nouveau montage à refaire et le doute s’installe…

Je reprends mes esprits et aperçois plus loin un coin qui me paraît intéressant : un virage assez long, pas trop prononcé qui part de ma rive avec un fond sablonneux de 10 cm et se dirige vers la rive d’en face en plongeant tout doucement vers des profondeurs que je ne vois pas… Une zone qui doit abriter du poisson, c’est sûr ou je n’y connais rien !

Premier passage : rien.
Je rajoute du fond car je ne racle pas assez à mon goût.
Second passage, ça tape ! (Hé ! Hé !)
J’attends un poil car je pêche avec un lombric énorme, et je ferre. Et là, un missile démarre dans un bouillon incroyable !!  Heureusement que mon frein est serré au minimum car en 2 secondes j’ai 10 mètres de fil en moins dans la bobine !! 

C’est colossal.

Je laisse le moulinet dérouler en le ralentissant un peu avec le doigt mais je ne peux qu’accompagner… Mais qu’est-ce que c’est que ce truc !!!???  Évidemment ça part en face dans la veine de courant… J’accompagne le mieux que je peux et la furie des premiers instants se calme un peu. Le poisson remonte désormais le courant et garde le fond. Je suis désormais sûr que ça va casser, c’est vraiment trop gros pour ma ligne d’autant que je n’ai ni épuisette, ni mes cuissardes…
La bestiole monte un peu en direction de la surface mais je ne vois que  les reflets d’un ciel plombé… Au milieu des bouillons je finis par entre-apercevoir une caudale un peu jaunâtre voire légèrement orangée…. C’est un barbeau me dis-je ! D’autant que c’est reparti pour un tour : rushs de malades, moulinet qui déroule et poisson qui garde le fond telle une ventouse !
Le scénario durera encore une bonne dizaine de minutes avant que je vois enfin ce que c’est : ce n’est pas un barbeau mais une Fario…. Elle fait passer celle de l’autre jour pour un alevin… 

J’hallucine totalement.

Cette fois changement de musique, je me dis que je tiens là un nouveau record !
Je décide alors de fatiguer la bête.
Pendant encore 10 bonnes minutes je la laisserai se défendre sans la brusquer afin de la fatiguer le plus possible.
Seulement voilà, mon fil est fin, il y a du courant et elle en joue parfaitement.
Dès que je parviens à la ramener près de moi et que je la pense fatiguée, elle reprend le large, se met bien perpendiculaire au courant et profite de son poids pour faire pression sur mon fil…
Cela durera encore un moment avant que je ne décide de sauter dans l’eau malgré l’absence de cuissardes ! 

Dans la rivière jusqu’aux genoux (fatche, elle est froide !!), je me dis que j’ai plus de chances.
Je parviens donc à fatiguer cette truite exceptionnelle et admire sa robe remarquable : je pense qu’elle fait plus de 70 …. 

J’arrive enfin à m’approcher et tente de la prendre avec ma seule main de libre… Je la saisi par le côté et commence à la soulever pour la mettre sur la berge mais elle me glisse des doigts, retombe à l’eau et… se décroche !!..... 

Je suis éperdument  triste de n’avoir pas pu prendre cette truite incroyable qui frôle le saumon vu la taille mais me console en me disant qu’au moins, elle n’est pas blessée !...

J’ai juste réussi à prendre sa queue en photo…

.... et à filmer une trentaine de secondes...
La vidéo n'ayant absolument aucun intérêt, voici juste un petit arrêt sur image où on l'aperçoit un peu mieux...


Tchao bella !
A la prochaine….