dimanche 25 août 2013

Dimanche 25



Les vacances sont finies depuis une bonne semaine et les parties de pêches se font forcément plus rares…
Manquant de motivation pour aller en Saône ou prospecter d’autres eaux, un petit quelque chose me suggère d’aller me poser dans le canal à deux encablures de chez moi.
J’hésite un moment car le dimanche le chemin de halage  est  particulièrement emprunté à la fois par les vélos et les familles qui ont besoin d’une balade digestive…
Le ciel étant particulièrement chargé, l’après-midi  sera calme de ce côté-là.
Arrivé sur des berges que je connais plutôt bien, je décide toutefois de changer de poste.
Je repère une zone où les fouilles sont assez nombreuses et je vois même de très beaux spécimens me narguer entre deux eaux !
Après avoir cherché des zones où le fond est dur, je ne peux plus résister, je m’installe !
Je tends trois lignes, deux à la graine, une à la bouillette ; la quatrième canne servira à pêcher au coup.
Si la friture est rapidement au rendez-vous, côté carpe c’est calme.
Il est plus de 17h00 et je commence à perdre espoir lorsqu’un bateau pointe le bout de son nez dans l’écluse… Je peste contre l’arrivée de ce perturbateur qui va me décaler toutes les herbes et par conséquent rendre la pêche compliquée.
Celui-ci passera doucement et ne fera pas trop de dégâts dans les herbiers.
Mais le canal est alors pris de mouvements d’eaux intempestifs qui font biper occasionnellement mes lignes bien que celles-ci soient posées à 1 mètre du bord…
Ces bips me rendent nerveux et je bondis à chaque fois que ça sonne… jusqu’à ce que le bip perdure et que le moulinet déroule à fond !! Je n’en crois ni mes yeux, ni mes oreilles ! Je saisi la canne et ai immédiatement la certitude de tenir un spécimen ! C’est lourd. Très lourd et très puissant.
Les bouillons sont énormes et des bouts d’herbiers remontent déjà à la surface comme si une tondeuse était en train de tout faucarder dans le fond ! Des nuages de boue témoignent de la puissance de la bête dont je viens d’apercevoir la caudale… Elle est belle c’est une certitude.
Frein serré à fond, elle me reprend 10 mètres d’un coup et file dans le milieu espérant sûrement rejoindre les herbiers d’en face. J’arrive tant bien que mal à la contenir et la voilà qui monte enfin en surface ! C’est une commune. Je pense alors à celle prise dans ces eaux il y a 2 ans et me dit qu’il doit s’agir de celle-là avec quelques grammes (kilos ?) en plus !
J’imagine déjà un poisson d’une quinzaine de kilos et j’en tremble presque…
Je prie pour ne pas casser ou pire décrocher.
Elle se défendra durant un bon ¼ d’heure avant de venir s’échouer dans mon épuisette et passer au verdict du peson.
Les chiffres qui s’affichent me déçoivent un peu : 11,1 kg… Elle ne fait « que » 11,1 kg.
J’imaginais (espérais !) bien plus.
La déception sera toutefois de très courte durée car j’ai là sous les yeux une carpe magnifique, jamais piquée, parées d’écailles dorées qui semblent vernies aux nageoires rouges-orangées !
Tout simplement superbe.
Je décide de la mettre en sac de conservation et demande à Rodolphe s’il peut venir pour la photo.
Il le fera, mais à la tombée de la nuit…



Remis de mes émotions, je redépose ma ligne au même endroit accompagnée de deux pelletées de graines.
Encore sous le charme de la bestiole, j’envoie des MMS dans tous les sens et échange au passage pas mal de SMS… j’en délaisse même ma ligne au coup.
Moins d’une heure s’est écoulée lorsqu’un nouveau départ se produit !
Je suis sidéré… et bondis sur ma canne ! Je ferre et tiens une nouvelle carpe ! Celle-ci est beaucoup plus nerveuse ce qui me fait penser qu’elle doit être plus petite… mais quel tonus !!  Je peine à la monter et constate qu’elle sonde systématiquement pour trouver refuge dans les paquets d’herbes ! Sa caudale produit d’énormes remous et là encore, ça faucarde sévère …
Elle me mettra des rushs de dingue me prenant à chaque fois des mètres de fil en un temps record.
Bien que plus petite, sa défense est  beaucoup plus agressive et j’ai peur pour mon bas de ligne…
Le  combat durera une bonne dizaine de minutes avant qu’elle ne se rende.
Mon peson affichera 7,4 kg.


Cette nouvelle commune est la copie conforme de sa grande sœur : des couleurs sublimes et un corps entièrement vernis ! Je la mets également en sac dans l’attente de l’arrivée de Rodolphe.
Woaouh ! Quelle fin d’après-midi !
Bien entendu, je re-dépose ma ligne sur ce spot d’enfer et arrose de quelques graines.
J’ai l’impression de rêver au milieu de cette atmosphère étrange : il n’y a pas un poil de vent, le canal est un vrai miroir, je ne vois passer personne et il n’y a pas un chant d’oiseau.
Le temps semble tout simplement arrêté.  
Confortablement installé dans mon fauteuil, je profite de ces instants magiques ou tout est "calme, luxe et volupté" comme le disait le bon Charles…
Le jour décroit désormais rapidement et Rodolphe n’est toujours pas là…
20h20, je commence à songer à remballer.
Sauf que c’est reparti, toujours sur la même canne !!
Inouï.
Mais cette fois la chance n’est pas de mon côté et le combat ne durera qu’une poignée de secondes : mon 35 centième ne résistera pas aux assauts de cette nouvelle carpe et l’affaire est vite entendue !
Quelle misère.
Je crois qu’il n’y a rien de pire que de ne pas voir son poisson, surtout lorsque qu’on pêche dans un mètre d’eau…
Frustré par cette fin inattendue, je préfère ne pas retendre, devant rentrer dans peu de temps.
Rodolphe arrivera quelques minutes plus tard pour les photos et je repartirai dans son sillage.
Mais alors qu’elle étonnante journée !
3 départs en 3 heures sur le même poste en canal, on frise l’exceptionnel.
Mais voilà, demain il faut retourner au taf et je ne suis pas sûr que la prochaine session sera aussi prolifique…







jeudi 15 août 2013

Jeudi 15

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Madame. Pour l'occasion (!), nous décidons de faire un petit pique nique au bord de l'eau.
Ne devant pas rentrer trop tard, nous filons dans le canal tout près de chez nous.
Confortablement installés sous l'ombre bienveillante d'un noyer, il fait juste chaud...
J'espère m'amuser avec les brèmes, gardons et autres carassins en pêchant au coup avec ma petite canne de 4 mètres mais les poissons semblent inscrits aux abonnés absents ce matin...
J'installe tout de même trois cannes à carpe l'histoire de tenter le coup, sachant que j'ai aperçu quelques jolies mémères dans les parages.
Les heures s'écoulent et il ne se passe pas grand chose.
Mais dame nature réserve bien des surprises et c'est sous mes yeux ébahis que je vois arriver vers moi une cane avec ses petits canetons tous excités par mon amorçage !
D'ordinaires méfiants, ceux ci semblent apprivoisés !

Par contre côté poisson, c'est beaucoup, mais alors beaucoup plus calme.
C'est au moment où je m'y attends le moins que le détecteur de ma canne tendue à 100 mètres sur ma droite se mets à sonner ! N'y croyant plus du tout, je réagis assez lentement mais m’empare toutefois de ma canne pour ferrer un poisson qui a déjà pas mal embarqué de fil...
Yessssssssssssss !
J'en tiens à nouveau une dans le canal.
Le premier remous augure d'un poisson assez joli et je ne crains qu'une chose : qu'elle aille se réfugier dans les énormes et nombreux paquets d'herbes gisants dans le fond...
Mais le scénario catastrophe ne semble pas vouloir se dérouler aujourd'hui et le combat se déroule plutôt tranquillement. Je devine alors une belle commune dont les reflets dorés scintillent sous les rayons d'un soleil enfin revenu. Junior me seconde côté épuisette et après quelques minutes nous mettons au sec une commune de 7,1 kg que l'on croirait croisée avec un lingot d'or !



Heureux comme un gosse devant un sapin de Noël, je remets à l'eau ce superbe fish et je retente ma chance sachant qu'en canal les touches ne sont pas pléthores...
Bien que côté pêche il ne se passera plus grand chose, dame nature me réservera encore une surprise de taille avec la découverte d'une chenille dont j'ignorais même l'existence dans nos contrées...


Si cette variété illustre souvent ces insectes dans les brochures et autres revues traitant du sujet, je ne pensais vraiment pas en croiser une sur mon chemin si près de chez moi...
En tout cas, une fois de plus, lorsqu'on y prête un temps soit peu attention, la nature nous offre un spectacle permanent auquel il suffit d'être attentif pour en saisir toute la magie...




mercredi 14 août 2013

Mardi 13 et Mercredi 14



De retour de Corrèze, me revoilà sur les rives de notre Étang. Cette fois je m'y rends pour deux jours en compagnie de Nestor.
Arrivant assez tardivement sur place (vers 17h00), nous prendrons notre temps pour nous installer.
Une fois le biwy planté, les cannes tendues et le coup amorcé, l'heure de l'apéro retentit...
Alors que la nuit s'installe doucement, j'ai une première touche sur la ligne posée sur un platis en plein milieu avec une RS1..., touche que je décroche dans la foulée !
Et mer@#, ça commence mal.
Qu'à cela ne tienne, je me retends.
Curieusement, les deux lignes tendues au bord sur un tapis de graines ne donnent rien ; la recette magique ne ferait-t-elle plus effet ici ?
Il fait désormais bien nuit lorsque le Neness déroule !
Voici une première Commune d'environ 7 kg...


Le ciel est magnifique et j'assiste à un superbe couché de lune derrière les bois sur la rive d'en face.


Le Neness a à peine le temps de se retendre qu'il déroule à nouveau. Cette fois ça semble plus gros ! Et l'affaire est mal engagée car le poisson file directement sous les branches... comme d'hab' j'ai envie d'ajouter !


Mais seule une partie de la ligne est prise et on aperçoit juste derrière le poisson se débattre en surface. Je regarde de quelle branche il s'agit et décide de prendre le sécateur du Neness pour la sectionner : bingo ! La stratégie est bonne puisque la branche vient avec ... un superbe Amour Blanc de 10 bons kilos qu'on décrochera directement dans le filet de l'épuisette pour éviter toute forme de stress...
Bon, finalement ça s'annonce pas trop mal.
D'autant que j'arrive enfin à sortir mon premier poisson, une carpette de 4 petits kg.
Le reste de la soirée sera assez calme côté pêche, un peu moins côté apéro...
Il est désormais pas loin de 2 heures du matin quand je déroule une nouvelle fois !
Les bras alourdis par ... disons la fatigue (!), je peine à ramener un poisson qui défend allégrement sa peau sous la pâle lueur des étoiles.
Après de nombreux rushs à 2 m du bord, je finis par sortir une miroir de 8.9 kg qui a craqué pour une bouillette à la banane !
Il est environ 3h00 lorsque nous décidons d'aller dormir...
Comme souvent en pêche de nuit, si le couché a été très tardif, le levé le sera beaucoup moins et c'est après 5 petites heures d'un sommeil somme toute furtif que je me lève sous un soleil radieux mais dans une réelle fraîcheur matinale.
Et j'ai eu bien fait d'émerger assez tôt car ces dames sont rapidement au rendez-vous ce matin ! J'ai à peine le temps de prendre un petit déj' sur le pouce et de saluer l'arrivée de Rodolphe, que mon détecteur s'emballe comme un fou ! La tête encore un peu dans les limbes, je ramène cette jolie miroir de 5,9 kg qui a encore eu une petite faiblesse avec la RS1...
Rodolphe s'installe alors que le Neness remballe en nous laissant son bateau amorceur.
Et là, j'ai enfin compris l'intérêt d'un tel engin.
Dès lors, toutes les lignes tendues au bateau n'attendront pas une heure avant de décoller, et ce, quelle que soit l'esche utilisée !!
Le seule réel problème c'est que la plupart des poissons nous emmèneront dans les branches ... Je suis d'ailleurs vraiment épaté de voir avec quelle aisance une carpe ferrée sur la rive d'en face (environ 80 m) arrive à traverser le bassin en diagonale sans la moindre hésitation pour foncer dans l'amas de branches et se débarrasser ainsi de son montage...
J'arriverai malgré tout à sortir une très belle miroir de 7,8 kg non sans mal !


Rodolphe ramènera lui aussi un très bel Amour Blanc que nous décrocherons là encore directement dans l'épuisette afin de ne pas prendre le moindre risque avec ces poissons aussi fragiles que puissants.
Nous décrocherons également un nombre considérable d'autres poissons. Si les touches sont nombreuses, les prises sont beaucoup plus rares.
Je terminerai toutefois avec une nouvelle miroir d'un peu moins de 6 kg.


Avec 6 poissons pris en environ 24 h, ma session est plutôt positive mais que de frustration côté casses et décrochages !! J'ai dû avoir en tout une bonne 15aine de touches mais la plupart ont fini dans les branches ...
Bien fatigué, je décide de remballer vers 18h00.


jeudi 8 août 2013

Mercredi 7 et Jeudi 8

Bien qu'en vacances en famille, je ne peux résister aux charmes d'une ravissante petite rivière du fin fond de la Corrèze qui répond au nom de la Roanne (+ d'infos).
S'écoulant au milieu des prairies verdoyantes de ce département fort paisible, elle a vraiment tous les atouts d'une rivière à Truite....



Ayant emmené mon petit lancer spécial petites rivières et une boîte de petits vers rouges, c'est avec un hameçon de 16 monté en 14 centième que je décide d'attaquer cette rivière.

La première heure sera très décevante mais c'est au détour d'un virage que la partie de pêche va devenir nettement plus intéressante !
Laissant dériver mon vers sous une grosse souche immergée à la sortie d'un superbe remous, la touche est fulgurante ! Surpris, je la loupe. Je relance sans trop d'espoirs mais visiblement le poisson est affamé ! Seconde touche aussi violente que la première et cette fois c'est dans le bout.
Je ramène rapidement une superbe petite fario locale dont la forme et les couleurs ne laissent aucun doute sur ses origines.

N'ayant que deux heures devant moi, je n'aurai le temps de prospecter longuement les lieux, même si j'aurai l'occasion de reprendre deux farios et d'en décrocher une dans mes mains...


Je décide de retourner dès le lendemain dans cette superbe rivière accompagné cette fois de junior qui semble décidé à découvrir la pêche à la truite...

Je reprends alors là où je m'étais arrêté la veille.
Premier trou, premier passage, première touche !
Et cette fois cela semble beaucoup plus joli....
Je sens des coups de tête bien plus costauds que ceux de la veille et n'arrive pas à décoller ce poisson qui file droit sous les branches (très nombreuses) malgré les 40 cm d'eau de ce "spot"...
Je me rappelle immédiatement que je suis en 14 centième, il faut alors jouer très serré !
J'amortis au maximum chaque rush de cette truite qui s'annonce assez jolie car j'ai vraiment envie de la voir de plus près.
J'arrive à la fatiguer suffisamment pour qu'elle décide de se rendre et découvre alors une superbe fario d'environ 30 cm ! 



Quelle belle surprise ! Et quel beau poisson !!


Je ferai 3 autres truites beaucoup plus modestes dans le deux heures suivantes ....

....et mon fils aura même l'occasion de tenir et prendre son premier poisson peu de temps après avoir pris son premier gadin dans la rivière !!...



Si l'heure de rentrer a sonné, c'est avec un mélange de frustration et de grande satisfaction que je dois abandonner le lit de cette rivière particulièrement sauvage au potentiel assez fabuleux !
 

J'apprendrai même plus tard par le propriétaire de notre location que les pêcheurs locaux sortent parfois des petits saumons de cet affluent de la Dordogne...

Seul bémol ; elle est infestée d'écrevisses à pinces rouges !...