Je suis parti hier soir à contrecœur, laissant derrière moi
un poste copieusement arrosé de graines diverses que les carpes s’empiffraient
goulûment, en témoignaient les nombreuses bulles qui remontaient à la surface…
Je décide donc en ce jeudi matin toujours aussi glacial (7°…)
de retourner sur les lieux…
Je m’installe donc le plus discrètement possible, mes lignes
étant posées, pour la plus éloignée, à environ 3 mètres du bord…
Le semblant d’éclaircie matinale laisse désormais la place à
un ciel plombé.
La pluie fait son apparition en même temps que mon premier
bip.
C’est au moment où elle redouble de violence que la touche à
lieu (comme par hasard !).
C’est ma ligne déposée sous le tronc du saule qui décolle !
Je saute sur la canne et bride d’entrée la carpe qui se trouve dans le bout.
Celle-ci ne m’opposera étonnamment que très peu de
résistance et c’est finalement très rapidement que je parviendrai à la mettre
sur mon tapis de réception, un rien déçu par cette absence de réel combat…
Cette jolie Miroir pèse 9,4 kg.
Il est 11h30, je n’aurai même pas attendu 1 heure !! Ce
spot est bien intéressant ma foi…
Le Président de l’Assoce (Christian) me rend sa petite
visite habituelle et c’est en pleine conversation que ma seconde ligne déroule !
Je saisi la canne et ferre sans me rappeler que le moulinet
qui équipe cette canne n’est pas un débrayable….
Résultat : début de perruque, ferrage foiré et poisson…
décroché !
Misère.
Qu’à cela ne tienne, je retends ma ligne.
Après avoir relancé quelques pelletées de maïs / blé /
chenevis, je me pose et décide de prendre mon déjeuner…
Le ciel semble s’éclaircir, je perçois même un coin de ciel
bleu… une vision pour le moins miraculeuse en ce moment…
Rapidement, les choses rentrent dans l’ordre et je prends
une monstrueuse giboulée de pluie et de grêle mêlée…
Quelques bips me laissent sur le qui-vive pendant que je
mange et certains me font même bondir de ma chaise…
Le 4ème sera le bon puisque le scion plie deux coups
secs sans pour autant que le fil ne sorte du moulinet…
Je ferre malgré tout et tiens un parpaing…
J’ai beau pêcher dans un peu plus d’un mètre d’eau, c’est
collé sur le fond et ça fonce sous l’arbre…
Je bride à fond en me disant que je risque de casser mais ça
marche !
J’aperçois d’énormes écailles dans le premier remous et
pense que c’est une superbe commune… mais le second remous me met devant l’évidence :
c’est un Amour Blanc…
Et un pépère.
Vu la configuration des lieux et connaissant la défense de
ce poisson, je me dis que ce n’est pas gagné. !
Et effectivement, le combat sera long et particulièrement
incertain : par trois fois il décide de foncer sous les branches du saule,
par deux fois il sonde et va se prendre dans des petites branches dans le fond
et bien entendu, il ressortira trois ou quatre fois de l’épuisette avant de se
rendre…
Mais il est là, sous mes yeux !
Quel poisson, il fait bien plus du mètre !!
Je m’empresse de le peser et de faire les photos, ces
poissons étant relativement fragiles…
Mon peson m’affiche 11,5 kg, soit 23 livres si on raisonne « à
l’ancienne ».
Quel beau coup de ligne !
Je le remets à l’eau le plus vite possible et le regarde
repartir visiblement en grande forme !
Bon. Ben cette partie de pêche s’annonce bien. 3 touches en
2h30 dans un bassin où je n’ai jamais fait
de miracles, je suis plutôt satisfait !
J’aurai une nouvelle touche dans la foulée mais ce satané
moulinet non débrayable me jouera encore un mauvais tour…
Cette fois c’est sûr, je suis convaincu que mon moulinet ne
va pas du tout pour pêcher près du bord.
Je change donc de canne afin d’avoir un moulinet plus adapté
à cet environnement difficile.
Mon papa me rejoindra en « touriste » en début d’après-midi
et les touches s’estomperont avec son arrivée…
Pêchant tout près du bord et devant rester près de mes cannes, je pense
que nos conversations dérangent les poissons…
Malgré tout, j’aurai une nouvelle touche sur le coup de
16h00 et ferrerai une petite Commune !
Petite, mais pêchue !!
J’ai cru que je n’allais jamais la prendre tellement elle m’a
mis de rushs au moment de se rendre !
A l’instar de l’Amour Blanc, elle n’a pas arrêté de sonder et m’a
ramené des amas de branchilles à chaque fois.
Après plusieurs essais infructueux, mon « épuiseur
semi-professionnel » est parvenu à mettre cette jolie carpe dans le filet
de l’épuisette et c’est donc une commune de 6 kg qui est venue compléter le
tableau de cette sympathique journée !
Je resterai jusqu’à 19h00 avant de décider de remballer, le
froid et l’humidité me tombant sur les épaules…
Le bilan de ce jeudi est donc très positif puisque j’aurai
réussi à prendre une Miroir, une Commune et un Amour Blanc ; performance suffisamment
rare pour être soulignée même si seule la cuir manque à ce joli tableau !



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