Exceptionnellement en RTT un lundi, je propose à l’Alex de partir en pèlerinage sur les rives du Serein…
Départ à
6h30 donc direction le Morvan !
Malgré un
impératif de voyager léger, le coffre est plein….
7h45, on
descend de la voiture et la magie opère : il n’y a pas le moindre bruit à
part le chant symphonique de centaines d’oiseaux autour de nous. Cet endroit
est l’un des seuls que je connaisse où seuls les sons de la nature nous
accueillent ; point de bruit de voiture ou de train au loin, même pas un
tracteur dans le lointain, rien. Absolument rien d’autre que la nature.
Le pied.
Mais
maintenant il va falloir se trimballer tous le matériel à dos de bourriques, et
les bourriques en question, c’est nous !
Une fois le
matos sur place, on déballe. Emus de revenir en ces lieux après deux ans
d’absence, nous oublions un peu trop vite qu’il s’agit d’une rivière. Et plutôt
que de prendre le temps d’observer, on s’installe. Erreur grave car nous
amorcerons comme des malades dans …. 50 cm d’eau !
Résultat :
nous serons contraints de changer de place une heure plus tard, lorsque le
soleil mettra en évidence l’absence de fond devant nous…
Cette fois
nous choisirons bien l’emplacement et nous recommencerons un amorçage sérieux.
Soit environ
2 heures de perdues donc.
Peu importe,
nous sommes toujours confiants.
Mais cette
confiance va s’effilocher au fil des heures…
Les carpes
semblent absentes, la friture et les gros blancs aussi ; bref c’est la
cata !
Nous
finirons par tenter de sauver la bredouille en errant le long des berges dans
l’espoir de faire quelques poissons. La découverte de nombreux portes-bois nous
aidera dans cette optique puisque nous parviendrons à faire quelques petits
blancs…
Mes trois
cannes à carpes restent cependant totalement muettes malgré mes nombreux
changements d’appâts au cours de la journée.
C’est sur le
coup de 17h00 que l’espoir va renaître…
En effet, alors que je m’étais rassis
sur ma chaise dans l’attente d’une hypothétique touche au coup, je vois le saut
d’une petite carpe sous un buisson que je connais bien. Ni une ni deux, je relève
une de mes trois cannes, mets une bouillette Tangerine / Fish dans le bout et
je balance droit sur le buisson. 5 minutes plus tard j’entends les premiers
bips… et je n’attendrai qu’à peine 20 minutes de plus avant que cela ne déroule !
Bien
entendu, compte tenu de l’endroit, elle file directement sous les branches…
Mais par je
ne sais quel miracle elle s’en dégage aussi vite qu’elle y est entrée et file
désormais à travers le bassin !! C’est lourd. C’est même très lourd et
très sûr de sa force.
Frein serré
au maximum, elle me prend du fil et file droit sous les branches qui se
trouvent cette fois de mon côté !
En l’absence de tout coup de tête, je pense à un amour blanc. Mais la large
caudale orange qui se présente à la surface mets fin à toutes spéculations :
c’est une belle carpe.
Finalement
peu combative, elle s’échouera assez vite dans l’épuisette et me fera crier
victoire au terme d’une journée bien compliquée !
Elle paraît
plutôt pas mal et présente quelques stigmates de passages dans les branches
(peut-être lors du combat…) avec notamment la perte d’une grosse écaille
latérale.
Le peson
affiche 7,9 kg, ce qui n’est au final pas si mal vu l’endroit !
L’émotion
retombée, je relance au même endroit avec le même appât.
Le soleil
disparaît déjà derrière les collines et la température chute aussi rapidement
que n’apparaît l’humidité.
Il est plus
de 18h30 quand nous décidons d'attrouper le matériel et de commencer à
ranger.
Après un
premier aller chargé comme une mule, je suis de retour et laisse l’Alex ramener
une partie de son matériel.
L’épuisette
est rangée, le sac de pesée aussi et je me mets à plier une première canne.
Et bien
entendu, c’est à ce moment-là que j’ai un nouveau départ !! Je fonce sur
ma canne avant qu’il ne soit trop tard et ferre un poisson nettement plus petit
que tout à l’heure.
Il s’agit en
effet d’une petite commune qui monte rapidement en surface mais qui défend plus
chèrement sa peau que sa cousine d’il y a moins de deux heures !
Alex n’est
toujours pas revenu et je n’ai pas d’épuisette… Je me dis alors que vu la
taille, je devrais pouvoir la sortir à la main. Je fatigue alors cette petite
carpe suffisamment afin de pouvoir la sortir sans risque. L’opération est
gagnante et voici donc une nouvelle prise d’environ 3 kg acquise dans les
derniers instants !
Celle-ci est
malheureusement déformée, ce qui vaudra une photo un peu décalée !
Un retour finalement gagnant dans ce petit coin de paradis que nous quitterons comme toujours la mort dans l'âme ..



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