L’ouverture de la truite a été catastrophique, les parties
de pêches qui ont suivi n’ont guère été mieux, bref, on ne peut pas dire que
2014 commence fort malgré un début de
saison plutôt sympathique du côté pêche au coup…
Pour autant je ne désespère pas et c’est plein d’espoirs que
je pars en ce matin du 2 avril à la découverte de nouvelles destinations !
Je me dirige dans un premier temps sur les rives de la Bèze,
là où elle passe en seconde catégorie, avec l’idée de débusquer d’éventuelles
carpes dans cette rivière réputée pour sa population de truites et d’ombres plus
en amont.
Après avoir emprunté un chemin particulièrement défoncé par
des tracteurs peu scrupuleux, je découvre une rivière aux eaux sombres, pas
très large et aux rives abruptes.
Ma première impression est donc particulièrement mitigée…
Je longe les berges pendant un petit ¼ d’heure avant de me
résigner : je ne la sens pas.
Je remonte illico dans ma voiture et décide de filer à la
découverte d’une autre rivière relativement proche : l’Ognon.
Cette fois mon impression est bonne : la rivière est
superbe, assez large et le cadre est vraiment très agréable.
Je déballe
rapidement le matos et m’installe.
Le courant est encore assez fort malgré l’absence de pluie
depuis plus d’un mois et la surface de l’eau ne me laisse pas beaucoup d’espoirs
au fil des heures : pas un gobage, pas un saut, pas une chasse, pas une
bulle sur mon coup…
Rien.
Désespérant.
Il est midi lorsque je décide de remballer et de prendre la
direction de la Vingeanne, autre rivière du secteur que je ne connais pas plus
que ça.
Cette fois j’arrive sur une zone que je connais mieux, le
canal étant juste à côté.
Là encore je prends le temps de longer la rivière et d’observer
les lieux.
Je finis par découvrir une zone qui présente vraiment bien
avec un énorme remous profond d’au moins trois mètres dont les courants lèchent
les racines des arbres d’en face…
La rivière étant peu profonde avant et après cette place, je
me dis qu’il doit y avoir du monde la dessous.
Je tends trois cannes à carpes et pose une plombée au ver.
J’aurai 5 touches à la plombée, je ne prendrai aucun
poisson…
Frustré et résigné, je prends la direction de Rémilly sur le
coup des 15h00.
A 15h30 je suis tendu et je prépare mon amorce l’histoire de
m’occuper au coup.
Une fois mon coup amorcé, je me dis que je n’ai pas encore
essayé le montage Maggot Clip cette année… Je déballe le matériel adéquat et
monte l’une de mes cannes à carpe avec ce curieux système qui consiste à
enfiler un gros bouquet d’asticot sur une espèce d’anneau qui remplace le
traditionnel cheveu…
Je lance la chose sur mon coup et pose la canne sur le
détecteur.
Moins de 5 minutes s’écouleront avant la touche. Fulgurante
et surpuissante.
La bestiole me déroule 10 mètres de fil en une seconde et il
m’est totalement impossible de retenir quoi que ce soit.
Heureusement pour moi, elle file droit dans le milieu, ce
qui est un moindre mal.
La violence du démarrage cède la place à un déplacement plus
massif, plus lourd aussi.
Je ne sens pas vraiment de coup de tête, juste de lents
oscillements de la droite vers la gauche…
Je pense alors tenir un amour blanc.
Le poisson prend cette fois la direction des arbres immergés tous
proches, il est évident que si je ne parviens pas à l’en empêcher, c’est mort…
Je serre un peu plus le frein en laissant quand même un peu
de jeu pour éviter la casse et visiblement la manœuvre réussit ; j’ai l’impression
de ramener tout doucement vers moi une sorte de grosse branche … mais une
branche vivante ! Alors que cela se rapproche du bord, je ne parviens
toujours pas à voir ce que c’est. Je me risque à décoller ce poisson du
fond l’histoire de voir à qui j’ai affaire. Un premier remous se manifeste mais
visiblement la proximité de la surface ne convient pas du tout à ce qui se
trouve dans le bout ! Le poisson réenclenche la 4ème et me mets
un terrible rush que je peine à contenir. Je relâche un peu le frein afin d’éviter
la casse même si je commence à me dire qu’il n’y aura pas d’autre issue à ce
combat…
Mais cette nouvelle tentative n’était visiblement qu’un ultime
essai dans lequel le poisson a jeté ses dernières forces. Je vois désormais une
énorme queue rouge / orangée et découvre qu’il s’agit bien d’une carpe. D’une
commune pour être précis. Mais d’une très belle. Du moins pour ce bassin.
Par contre le poisson se présente systématiquement par la
caudale, ce qui, bien évidemment, n’est pas très habituel…
Pensant tout d’abord qu’elle avait fait plusieurs tours sur
le fil, je me dis que sa défense est pour le moins étrange et je commence à
comprendre… : elle n’a pas mordu mais elle est tout simplement harponnée !
Et en effet, après avoir pris toutes les précautions nécessaires pour ne pas la
brusquer et ainsi éviter la casse, je finis par la déposer dans l’épuisette…
Je souffle enfin et crie presque victoire !
Je la laisse alors reprendre ses esprits dans le filet et
prépare tout le nécessaire pour la séance photos !
Je sors alors la bestiole de l’eau et constate immédiatement
qu’il s’agit d’un superbe spécimen !
Elle est lourde, massive, bien ronde et son couleurs sont
superbes !
Mon peson affichera 11,7 kg.
Je suis heureux comme un vrai gamin, cette commune est
purement magnifique !!
Une fois remis de mes émotions, je me dis que sur ce coup-là
j’ai quand même eu une chance inouïe :
cette commune a trouvé le moyen de s’empaler par la nageoire annale sur un
hameçon de … 12 !! Déjà que pour que cela se produise, c’est assez dingue mais
qu’en plus elle se pique suffisamment pour ne pas se décrocher, c’est purement
incroyable !
En tout cas je comprends mieux l’absence des traditionnels
coups de tête de la défense des carpes et le moindre que l’on puisse dire c’est
qu’il s’agit, au-delà du concours de circonstance, d’un superbe coup de ligne !







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