dimanche 11 mai 2014

Dimanche 11



Après un premier galop d’essai avec le Neness 3 jours auparavant qui s’est soldé par un cuisant échec, il fallait que je revienne en Saône... 

Cette fois c’est avec Rodolphe que nous attaquons les lieux dès 7h00 en ce dimanche matin au temps incertain...

La rive d’en face est toujours occupée par les indécrottables spécimens du cru qui observent bien entendu le moindre de nos faits et gestes !

Une fois mes trois cannes tendues (2 à la graine et une à la bouillette), je me prépare un petit poste au coup.

La place n’est pas facile d’accès, je suis très haut par rapport à la rivière mais tant pis, ça m’occupera en attendant les touches éventuelles.
Seuls quelques ablettes répondent présentes tandis que le vent se met à souffler très fort et que le ciel se noircit de manière inquiétante dans de nombreux endroits...
L’heure du casse-croûte ayant sonné, je remplace ma canne au coup par ma canne à l’anglaise... au moins avec un moulinet c’est moins dangereux !
Les premiers bips se font entendre mais seuls les chevesnes et les brèmes semblent être arrivés sur le coup. Qu’à cela ne tienne, c’est plutôt bon signe.

Je déplace alors une de mes cannes un peu plus près du bord, dans une zone ou mon instinct me dicte de me tendre...

Il n’est pas très loin de midi lorsque cette fois la touche ne laisse plus la moindre place au doute : je déroule !!! Et sur la canne que j’ai déplacée il y a peu !! Je m’empresse de bondir dessus et sent immédiatement que j’ai à faire à une cliente !! Elle file comme un missile le long de la berge, remontant le courant comme s’il n’y en avait pas et frôlant dangereusement les branches des aulnes... Le moulinet se vide à vue d’œil  et je commence à m’inquiéter ! Au bout de quelques instants elle se ravise (ouf!) et décide de partir au large. Si l’affaire n’est pas gagnée pour autant, je stresse nettement moins.

Arrivé au bord, là où il y a entre 3 et 4 mètres d’eau !, elle se met à sonder... Difficile de lutter, je la laisse faire l’histoire de ne pas trop la brusquer car je voudrais quand même bien au moins la voir !
Un premier bouillon témoigne d’un premier signe de fatigue mais je ne la vois toujours pas...
Elle remet alors le turbo comme pour un baroud d’honneur mais ses rushs sont plus courts, moins violents aussi. Je devine enfin sa forme à travers la surface : il s’agit d’une miroir ! Chose peu commune (!) en Saône. Au bout d’un petit quart d’heure elle finit par s’avouer vaincue et Rodolphe met au sec ce beau spécimen !
Le peson nous affiche 10,5 bien que nous pensions plus.
Yessssssssssss ! J’en ai fait une ! Là où je présentais leur présence !! 
Au-delà du coup de ligne, je suis assez content sur ce coup-là.
Je la classe dans la catégorie miroir mais si elle est vraiment très proche de faire partie de la famille (rare) des cuirs....

Ni une, ni deux je relance au même endroit, parsème la zone de graines et file arroser cette jolie prise !!

Les nuées nous frôlent de plus en plus et nous ne serions pas surpris de finir par en prendre une !!
1 /4 d’heure plus tard ce sera chose faite, une giboulée particulièrement violente nous poussant à nous réfugier sous le parapluie.
Et comme le veut la tradition du mois de mai, nous serons à nouveau en t-shirt peu de temps après !
Le soleil est revenu mais le vent, lui, ne s’est pas vraiment calmé !
Il n’est pas loin de 16h00 lorsque j’ai une nouvelle touche. Violente. Fulgurante.
J’ai à peine le temps de m’emparer de ma canne (toujours celle que j’ai rapatriée bord) que mon moulinet s’est déjà vidé de pas loin de 20 mètres !
Fouyaaaaa, elle envoie. 
Et graaaaaaaaaaaave !! 
Je suis convaincu qu’elle va me casser lorsqu’elle décide de se calmer. Comme sa copine de tout à l’heure, elle préfère partir au large. Bien lui en a pris car évidemment c’est nettement plus confortable à gérer.... Elle aussi mettra du temps à monter en surface mais lorsque nous la verrons nous serons fébriles.... Elle paraît plus grosse. Pourvu qu’elle ne casse pas ou pire qu’elle se décroche. Mais curieusement, elle n’opposera pas de folle résistance et se laissera glisser dans les mailles de l’épuisette sans trop se rebeller.
Et de deux donc.
Bien qu’étant plus grosse, il n’y a pas de grosse différence de poids avec l’autre au final, celle-ci pesant 11,8.
Je jubile.
Les averses suivantes me laisseront de marbre tant je suis satisfait de cette journée...
2 miroirs en Saône, ça l’fait quand même !
Le retour sur Dijon se fera sous de nouvelles averses mais je n’ai alors qu’une idée en tête : revenir.



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