Samedi 9 mars, il est 4h15, mon réveil tente de m’extraire
des bras de morphée.
Les yeux encore embués, je me prépare tranquillement dans
une agréable odeur de café…
Je jette un œil par la fenêtre : il ne pleut pas et mon
acolyte du jour ne semble pas levé, il n’y a pas de lumière chez lui.
Mon gamin aux aguets descends me dire bonjour et me tient
compagnie pendant que je déjeune.
La lumière fait son apparition chez le Manu, c’est bon il est
debout, je peux descendre au garage.
Il me rejoint rapidement et nous chargeons la voiture avec l’excitation
des grands jours !
Après avoir vérifié si tout est là, on décolle, direction la
Lacanche.
Une grosse heure plus tard nous arrivons enfin sur les lieux :
c’est une horreur, il y a des bagnoles au large !
On décide donc d’aller plus loin avec l’espoir que ce sera
plus calme.
Stratégie gagnante puisque cette fois seulement deux
voitures sont stationnées près du pont.
Il fait plutôt bon (entendez il ne gèle pas !) en ce
matin d’ouverture même si la brume recouvre les prés environnants.
Nous prenons le temps de boire un petit café et c’est parti.
Nous découvrons une rivière plutôt jolie aux multiples
méandres qui serpente au milieu d’une large vallée.
L’atmosphère est toujours magique à cette heure et les
premiers rayons du soleil perçant la brume nous gratifient d’un spectacle bien agréable….
Cela fait près de deux heures que nous pêchons et toujours
pas la moindre touche.
Après avoir échangé quelques mots avec un pêcheur du cru qui
se désolait de l’absence de poissons, je décide de faire demi-tour et de
rejoindre un Manu déjà loin derrière moi !
Je finis par le retrouver et il m’annonce à son tour qu’il n’a
pas eu une touche.
Je lui propose alors de remballer et de pousser jusque vers
Autun puisque nous n’en sommes finalement pas si loin.
Nous arriverons sur les bords du Ternin vers 11h00.
Après avoir pris le temps de goûter notre petit Alsace matinal,
nous partons à la conquête de cette nouvelle rivière.
A peine commençons nous de marcher qu’un pêcheur, sur la rive
d’en face, nous sort une belle truite !
Encourageant !
Je découvre un parcours absolument superbe où les zones
calmes se succèdent aux rapides, où les zones ombragées s’enchaînent avec de
grandes étendues au milieu des prés, un vrai bonheur à pêcher !
Seulement voilà, on n’a pas une touche….
J’ai beau faire chaque zone au toc, puis au leurre (j’ai
pris deux cannes), rien ni fait.
Pas même un petit chevenne ou une petite perche dans les
branches.
Rien.
Découragés, nous faisons une nouvelle pause sous un soleil
très agréable qui parvient à se frayer un passage au milieu des grosses nuées
orageuses qui descendent des flancs du Mont Beuvray.
Nous sommes seuls dans ce décor de rêve !
La fin d’après-midi approche et la motivation ma finalement
quitté ; je tente de pêcher sur des zones improbables sans trop d’espoir
lorsque soudain, me croyant alors accroché, je tombe sur LE poisson de la
journée !
D’abord convaincu d’être pris dans le fond, j’essaie de me
défaire en prenant ma canne par le bout et en tirant tout doucement… sauf que
le fond se met lentement à bouger …
Je reprends la canne par le manche et desserre immédiatement
le frein du moulinet.
C’est énorme.
Si c’est une truite, elle est monstrueuse…
J’appelle alors Manu à la rescousse car il a une épuisette ;
mais Manu…. ben c’est Manu !
J’ai pour seule réponse « Attends, je dois refaire un
montage »…
O_o
Pendant ce temps-là le poisson à l’autre bout de ma ligne me
fait des démarrages de dingues !
Je pense alors à un gros chevenne … mais j’abandonne vite l’idée
car il se serait déjà rendu.
Une carpe alors ?? Et pourquoi pas ? C’est vrai
que vu les rushs, ce ne serait pas très étonnant.
Une seule pensée me hante alors : est-ce que mon 17
centième va tenir le choc ? Au moins jusqu’à ce que je le vois ?
La bête semble vouloir lâcher un peu le fond et les premiers
bouillons arrivent…
Les rayons du soleil trahissent des reflets jaunes / marrons
à travers l’onde mais je n’arrive toujours pas à identifier ce poisson !
Et pendant ce temps, Manu refait sa ligne…
Après plusieurs remous, je vois enfin ce que je tiens :
un barbeau ! Un superbe barbeau !!
Quelle surprise !! Je me dis alors que ce n’est
vraiment pas gagné car ce n’est pas le genre de poisson à se rendre facilement….
Après de longues minutes marquées par des rushs fantastiques
de ce poisson infatigable, je finis par décider de descendre dans la rivière
avec l’espoir de pouvoir le mettre au sec…
Épuisé par ce combat épique, le beau barbu fini par accepter
son sort et se laisse prendre docilement.
Ah la vache ! Je l’ai eu ! Et sans épuisette !!
Quel coup de ligne !
Je prends mon mètre et mesure ce magnifique poisson :
56 cm de muscles pour 2/3 kilos.
Superbe.
Je le remets évidemment à l’eau après avoir demandé à Manu de me faire
quelques photos.
Et soudain, cette ouverture
me paraît bien moins terne !
Nous finirons par revenir à la voiture à 18h30 et devons bien admettre que cette ouverture ne restera pas gravée dans nos mémoires comme une journée riche en truites !
J'arrive chez moi totalement fracassé - comme à chaque ouverture - la reprise étant souvent éprouvante...
J'attendrai ma semaine de vacances pour prendre ma revanche sur les belles tâchetées !


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